Mercredi 23 septembre 2009
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(Scène d'exposition:)
Et voilà, le moment est vraiment arrivé de vous raconter Erreur Système.
Certaines personnes pensent que les animaux sont inférieurs à nous autres humains, ou même carrément stupides. Je ne suis pas de ceux-là, mais en rencontrant la bestiole que nous avons
gracieusement appelée Erreur Système, j'aurais pu douter de mon opinion.
(quand on vous dit qu'il
y a un problème avec ce cheval hahahaha)
(Notre méchant:)
Erreur Système, de robe noire, porte beau et paraît fougueux de prime abord... c'est au bout de quelques heures que l'on commence à se poser des questions... D'accord, il marche vite, mais tout de
même, cette manière qu'il a de faire cogner sa tête avec ses antérieurs quand il se déplace est un peu étrange... Tout comme cette habitude de regarder le ciel et non point la route qui se
trouve... devant lui. Non, Erreur Système ne regarde pas l'herbe qu'il pourrait potentiellement avaler (et pour cause, quand il y en a... mais nous y reviendrons plus tard), il ne regarde pas le
paysage ni le prédateur qui pourrait venir le tâter, il ne s'inquiète pas du bruit... Non, Erreur Système regarde ses jambes, et le ciel.
Même plus inquiétant, le-dit cheval pose son nez dans l'herbe mais ne la mange pas.
Jusque là, Erreur Système vous paraît un peu "fou-fou" mais pas très embêtant.
(Le grain de sable:)
Mais voici l'histoire d'Erreur Système qui aurait pu se transformer en Erreur Fatale: un jour couvert, lorsque nous rentrions dans la famille de notre guide à Daschinchilen et que nous abreuvions
nos chevaux, l'équidé a profité du moment de flottement qu'il y a quand il faut lui remettre son mors pour se faire la malle.
(La folie douce:)
Le raisonnement rationnel voudrait qu'un cheval, inquieté par tout cet espace, ne parcoure pas des dizaines de kilomètres vers l'inconnu mais reste calmement avec ses congénères jusqu'à ce que
l'homme, ce dominateur à-demi accepté, le rattrappe.
Et bien non: Erreur Système, en liberté, se transforme en une tornade noire qui s'en va en ruant comme il se doit pour se débarrasser de sa selle... inutile de préciser qu'au beau milieu de
l'imensité mongole, il devient vite un petit point qui disparait, disparait, disparait...
Notre guide, fou furieux et inquiet pour son achat récent (j'y reviendrai également) saute en selle avec le naturel qu'on lui connait et tagada tagada tagada pour rattrapper le fuyard. Notre van,
avec à son bord Ana et Tsegui, se lance également à sa poursuite et toute notre équipe cherche à le coincer quelque part.
Pendant ce temps là, il nous reste quatre chevaux à gérer, et il commence vraiment à pleuvoir fort...
Notre interprète empunte le cheval de Barbara pour aider à son tour, ...
Trois chevaux, deux françaises, une bonne pluie, l'immensité mongole. Et quand ma jument, toujours très pertinente, se couche soudainement (sous moi, comme à son habitude), un peu de désespérance
s'insinue en nous...
oh-oh.
Et cette bonne blague devait durer plusieurs heures, jusqu' à ce qu'Ariuka revienne avec le cheval de Barbara (mais pas le sien) et nous dégote une solution pour aller nous réchauffer dans un
restaurant ouvrier à deux pas. Nous sèchons lentement.
(Le réconfort des gentils:)
Quelques tasses de "tsè", le thé mongol, et une tablette de chocolat "Golden Alp" plus tard, Tsegui et Ana nous rejoignent. Erreur Système a causé la panique et le dispersement de quelques
troupeaux sur son chemin, et nous craignons que si jamais il s'arrête, la famille mongole aux alentours ne nous le rendent pas, car un cheval trouvé porte bonheur.
Notre guide est toujours dans la steppe avec un homme de la région. L'ayant perdu de vue, ils le cherchent. Comme une aiguille dans une botte de foin.
(L'ultime épreuve des gentils:)
Nous reprenons la route: Ariuka et Ana restent dans le van avec Tsegui, et ce qu'il reste de notre équipe cavalière, c'est à dire moi et Barbara, suivons la direction qu'on nous indique: "par là!"
avec un grand signe de la main, et le van s'éloigne...
Deux françaises mouillées, la steppe, la situation craignos, 4 chevaux. Nous plaisantons sur notre abandon.
Nous apercevons notre campement, déjà entièrement monté (merci le reste de l'équipe!!!) à notre arrivée, mais toujours pas de nouvelle d'Erreur Système et de notre guide.
(La grosse peur:)
Un homme arrive quelques minutes plus tard, avec le cheval de notre guide... nous craignons le pire (lorsqu'un cheval revient seul avec sa selle sur le dos...) mais sommes vite rassurées: Erreur
Système est retrouvé! Zoriggo est sur la route du retour ...! Quelques heures plus, tard, nous les voyons arriver.
Inutile de préciser à quel point Erreur Système a été bien entravé cette nuit là. (et les autres d'ailleurs)
(Le pourquoi du comment:)
Mais, cher lecteur, je sens poindre le questionnement: pourquoi avoir choisi un cheval aussi taré pour un voyage de trente jours?
Et bien... nous ne l'avons pas choisi. Dès le début de la randonnée à cheval, Sanglier, cheval d'Ariuka, était boiteux. Nous avons donc profité de notre escale prolongée à bat-Olziit pour
des raisons... internes pour acheter un nouveau cheval. Avec un peu de chantage -nous avons forcé cet achat comme condition à notre
retour AVEC notre notre guide...-, ...
Mais au milieu de la steppe, au milieu de l'été, les familles sont moyennement intéressées pour vendre un cheval.
En Mongolie, on achète le plus souvent des juments jeunes qui s'intégreront facilement dans un troupeau: Erreur Système a été privé de ses copains, de son environnement, de son herbe... Voilà
pourquoi il s'est enfui.
Nous n'avons pu acheter qu'un cheval un peu bizarre, le seul que nous a cédé une famille.
(La morale:)
Comme quoi tout a des conséquences, car si le guide avait pris un cheval moins jeune (Sanglier avait 3 ans), il n'aurait sans doute pas boité, nous aurions pu profiter de notre interprète toute la
randonnée et n'aurions pas perdu une demi journée au moment où les kilométrages étaient serrés.
Par Bamilona-ben
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Publié dans : Récit des aventures
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